La robe-chemise

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simplicity-2246-lisette-traveler-dress-carlotta-stermaria-1Est-il vêtement plus « magique » que la robe? Avec, éventuellement, le manteau, elle est la seule à dessiner instantanément une allure. Les autres vêtements doivent se penser ensemble, se répondre, « composer » ; seule la robe se suffit à elle-même (je m’aperçois en disant cela que les hommes, les pauvres, n’en ont pas l’équivalent _ à part la très marginale combinaison?). Très longtemps, je n’en ai pas porté. Ado, quelques jupes, oui, mais pas de robes, puis (infâmie) des robes par-dessus les pantalons, sous des pulls. Rétrospectivement, je me demande si je n’avais pas un peu peur de leur laisser toute la place.  Read more

Le koromogae en 8 points

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« Tiens, j’ai fait mon koromogae, le week-end dernier! » « Ton quoi, Carlotta? »

Mon amour des mots-concepts étranges (ou, plus simplement, mon snobisme?) me perdra. Le Koromogae, bien connus de tous ceux qui ont été expatriés au Japon (ou ont lu beaucoup de Shojo mangas), c’est le roulement de garde-robe bi-annuel auquel se livrent écoliers, porteurs d’uniformes et salary men. Au printemps, tout le monde passe de la laine au coton, du bleu marine au bleu chambray, de la chemise à manche longues à la chemisette (je vous épargne mon opinion sur cette dernière).

C’est non seulement plutôt joli _ comme si tout le monde muait en même temps, mais dans un pays où l’espace est souvent un enjeu (peu d’appartements tokyoïtes se permettraient le dressing de Carrie B.), il est également raisonnable de n’avoir à portée de main que la moitié de sa garde-robe et de conserver l’autre à un endroit moins accessible. Pratiquant le koromogae depuis deux ans et demi, je ne lui trouve que des avantages :

1. C’est une occasion idéale pour faire le bilan de la saison : tout ce qui n’a pas été porté peut prendre le chemin d’Emmaüs, tout ce qui est usé n’a plus l’occasion de se cacher : on raffine donc, deux fois par ans, le contenu de sa garde-robe.

2. Grâce aux petits sachets de lavande qui tiennent compagnie à mes vêtements pendant leur période de repos (j’ai une peur panique des mites), mon appartement embaume pendant tout un week-end.

3. Une armoire moins peuplée est une armoire mieux rangée : c’est visuellement bien plus agréable, et je prends tout ce qui peut me mettre de bonne humeur le matin.

4. D’une façon plus générale, c’est une occasion de céder à mon amour maniaque du classement ; je fais même tourner mes chaussettes selon leur coloris plutôt « été » ou « hiver » (le cas difficile des chaussettes grises tient mon public en haleine).

5. Retrouver des vêtements qu’on avait oubliés pendant ces six mois de séparation fait toujours plaisir _ si ça ne fait pas plaisir, il est peut-être temps de se référer à l’article 1.

6. Cela donne à mon compagnon, qui tend à me trouver légèrement frivole, l’illusion que j’ai moins de vêtements, puisque seulement une moitié d’entre eux sont visibles en même temps.

7. Ne disposant pas d’un espace où entreposer mes affaires 6 mois d’affilée, le koromogae est également une occasion idéale de rendre visite à mes parents!

8. Enfin, aux premiers beaux jours, le koromogae est à la folle de fringues ce que les terrasses ensoleillées sont aux Parisiens : un instinct, un besoin, un appel irrésistible : une célébration de la nature et du cycle de ses saisons.

Lorsque j’ai répondu à cet appel il y a quinze jours, nous avons pris notre premier repas dehors. Depuis, il refait froid. Tous mes vêtements chauds sont chez mes parents.

Fichu printemps.

Bloom!

Je trouve fabuleux ce talent du printemps qui, à force de se faire attendre, en viendrait à nous faire douter de son existence, avant de survenir enfin, au moment où j’ai complètement oublié à quoi il ressemblait ; si bien que j’ai toujours trop chaud dans mon manteau d’hiver. De leur côté, ceux qui ont pensé à faire attention aux prévisions météo sont en T-shirt aux terrasses des cafés, et les arbres fleurissent du côté de Vincennes. Même le parc de Bercy a l’air moins mort, histoire de soutenir l’effort collectif. Et mon propre projet printanier, alors?

Outre ma pause pyjama (ne jamais s’arrêter sur sa lancée, même pour une bonne cause), j’ai commis l’erreur de me lancer dans trois projets en même temps, dans un manque de méthode caractérisé. J’ignore le terme censé désigner ce type de jupe en français, mais il s’agit d’une ‘circle skirt’ (explication du terme en photo ci-dessous) en madras bleu et jaune, dont j’adore l’ampleur et la taille haute. J’ignore si elle fait partie du kit de la fashionista à tendance rockabilly de ce printemps, mais si jamais celle-ci compte aller danser, c’est la jupe idéale pour faire un peu d’effet. Elle n’a vraiment rien de spécial, mais j’ai tenu à l’ourler elle aussi d’un biais Liberty assorti ; le genre de détail dont je sais que je serai la seule à profiter, mais me fait sourire chaque fois que je le vois. Et aujourd’hui que le printemps semble reparti, il m’en reste toujours les fleurs…

(bon, maintenant si quelqu’un peut m’expliquer pourquoi sur ces photos mes genoux sont encore plus roses _et moins jolis_ que ceux des filles que dessine Marguerite Sauvage, je suis preneuse)