Éloge du décolleté

Vous avez remarqué? Sur la blogosphère mode, il y a généralement assez peu de poitrines. Pas que les blogueuses en soient dépourvues _ je ne le crois pas_ mais celles-ci, parfois peu avares de jambes, de ventres ou de dos, portent très peu de décolletés. Un effet de mode? Je me souviens d’un livre de Chantal Thomass, écrit dans les années 90, où celle-ci conseille de laisser deviner ou carrément de montrer un bout d’un joli soutien-gorge… Aujourd’hui, je crois que la mode met peut-être plus volontiers les jambes en valeur. Mais lorsque je sors _et pas en boîte, rencontre de ‘vraies filles’, celles-ci me semblent arborer des cols en V bien plus profonds que ceux que je peux voir sur mon écran. Pourquoi une telle différence?

La mode des blogs n’est certes pas celle de la rue. Les auteures comme les lectrices sont en grande majorité des femmes, il n’y a pas vraiment d’enjeu de séduction (autre que celle qui donne envie de lire le billet suivant, s’entend _ on peut certes m’opposer que c’est déjà beaucoup). Et le côté amplificateur d’internet n’arrange rien ; à moins d’avoir une petite poitrine et de se la jouer Birkin, marque du bon goût devant l’éternel, la crainte de se voir taxée de vulgarité, voire accusée d’achalander carrément un autre public peut déjà constituer un frein important.

Pourtant, j’aime bien les décolletés. Ils donnent à lire des choses que le visage n’indique pas toujours : un dos frémissant, une marque de bronzage ou au contraire une peau blanche aux veines bleutées, comme un sautoir sous la peau, une bretelle, un soupçon de dentelle révélant un goût pour la lingerie ouvragée… Chez moi, il révèle notamment une marque de fabrique : le grain de beauté, arboré en constellation plutôt qu’en solitaire. Non, vraiment, j’aime bien les décolletés.

Ci-dessus, une silhouette très Dior tout à fait décolletée, et tout à fait respectable  - Above, a very deep, yet very respectable neckline (very Dior, isn’t it?)

Of course this issue certainly varies in different countries, since modesty standards probably differ between Europe, America and Asia, but from my point of view, blogs show much less cleavage than girls do IRL (whereas they show more legs, barebacks or midriffs). Is it because cleavage is not so trendy these days? I remember reading a book from French designer Chantal Thomass. It was written in the 90′s, and she advised not to conceal, or even to show a pretty bra… Maybe fashion is more about legs nowadays, I’m not sure. But when I’m out (and not in nightclubs), ‘real girls’ seem to wear deeper necklines than what I’m used to see on my screen. Why such a difference?

Fashion on blogs _at least in France_ is much different from the fashion you can see in the streets (I’m not talking about fashion week streetstyle, of course). Most autors and readers are women, and aside from having an interesting blog people would be eager to read (which is already much, I admit), I don’t think there’s seduction there. Moreover, internet has a rather magnifying effect : unless a girl has a really small bust and is willing to follow the Jane Birkin way, wich is rather bad taste-proof, a girl can easily be called vulgar, or even be accused to attract a different kind of readership ; I understand why some would avoid that.

However, I think I like cleavages. Sometimes they show something about a person that you can’t tell just by lookink at a face : the spine of a back, a tan line or a white skin with blue veins, a strap or a piece of lace, revealing a taste for lingerie. As for myself, it exposes what is somehow my trademark : a few of my numerous beauty spots _ and I love beauty spots. No : I do like cleavages.

Le charme acidulé de la bourgeoisie

J’ai une confession à faire : je suis quelque peu fascinée par le cliché parisien de la vraie-fausse bourgeoise, genre incarné par Catherine Deneuve, photographié par Helmut Newton, et bien sûr habillé par Yves Saint-Laurent. Ça n’est un secret pour personne que la grande rétrospective de ce dernier a probablement influencé les collections de cet automne, dont pour mon grand plaisir, le curseur pointe à nouveau vers les années soixante-dix. D’ailleurs, après l’expo YSL Rive Gauche de ce printemps et la biographie du couturier lue cet été, j’avoue être de toute façon en plein trip Saint-Laurent. Comme j’ai encore pas mal de résolutions couture à tenir (et besoin de quelques trucs à me mettre sur le dos), ce sont ses couleurs flamboyantes que j’ai choisies pour me lancer dans une nouvelle petite collection capsule pour cet automne.

Côté silhouette, en revanche, je vais curieusement à contre-sens de mon goût pour les seventies ; c’est probablement dû à ma récente découverte de la taille haute, et j’ai plutôt envie de mêler cette palette acide à des formes sages empruntées au tournant entre années cinquante et soixante que je commence à tant aimer ; je crois bien que mon icône automnale est plutôt la petite Catherine Deneuve des Parapluies de Cherbourg que la Faye Dunawaye des Yeux de Laura Mars. Pourtant, ordinairement, qui préfèrerait la fille-mère de province à la photographe sexy?

I have a confession to make : I’m fascinated by a certain archetypal character : the French Bourgeoise, the very type played by Catherine Deneuve, portrayed by Helmut Newton, and, of course, dressed by Yves Saint-Laurent. Last year’s restrospective of the couturier’s work was very influential on this season’s collections, and to my great pleasure, seventies are on trend again. But after going to the YSL Rive Gauche (Saint-Laurent’s ready-to-wear line) exhibition, and reading his biography by Laurence Benaïm, I must say I would be under Saint-Laurent’s influence anyway. Since I have plenty new year resolutions to achieve (and that I need to wear something on my back), I figured I could use some of his vibrant colors for this fall sewing.

What’s unusual though, is that I’m going against my penchant for the seventies regarding figures. It must be because I’m so glad I discovered high waists and can’t get enough of them (yet), so I’ll mix these acid colors with the soft spot I have for the late fifties/early sixties fashion. This fall’s fashion icon is Catherine Deneuve in The Umbrellas of Cherbourg, rather than Faye Dunawaye in Eyes of Laura Mars. But is it very sensible to pick the provincial pregnant teenager over the sexy photographer?

L’été du vichy

Les vacances ont touché à leur fin, mais certainement pas l’été, qui a la bonne idée de ne s’achever que le 21 septembre. Tant mieux pour moi, cela me laisse encore le temps de montrer ici ce que j’ai fabriqué depuis le mois de juin, et aussi l’(infime) espoir que le temps me permette de porter mes quelques productions.

Si j’ai quelque peu dérogé à mon plan initial, je suis tout de même fière de moi : j’ai effectivement pu emmener dans ma valise quelques vêtements home made parfaitement coordonnés, et en aurais sans nul doute emmené davantage si le temps avait été plus clément. Malgré deux exceptions du côté des rayures et des unis, le fil rouge de cette garde-robe capsule est incontestablement le vichy : je dois être davantage sous Bardot-influence que je ne  veux bien me l’avouer. La suite ici

Vacations have come to an end, but not the summer, which fortunately ends on september 21st. Which leaves me the chance to show what I’ve been up to since june, and also the hope that I’ll get to wear my new clothes a few times before the beginning of fall.

I changed a few things to my original plan, but mostly stuck to it, and I’m pretty proud of myself : I found myself travelling with a perfectly matching wardrobe, including my brand new home made garments. Despite the use of a plain and of a striped fabric, thic capsule wardrobe is mostly about gingham : I must be slightly more under Bardot’s influence than I am keen to admit. Continue reading