Variation sur le même t’aime – 3

Burdastyle sweetheart neckline floral black & white dress by Carlotta StermariaEt oui, après la rose et la rouge, il y en avait donc une troisième… Difficile de ne pas trop se répéter à chaque fois tant tout a déjà été dit sur ce patron, sa ligne en coeur, etc. Ajoutons simplement que je porte très peu de vêtements noirs et blancs : à cause de leur contraste, je leur trouve trop de “charisme” pour vraiment me mettre en valeur ; une question me revient souvent : est-ce la fille qui porte la robe, ou bien la robe qui porte la fille (surprenante réflexion, par ailleurs, de la part de quelqu’un dont la garde-robe ressemble assez à un nuancier Pantone)? Mais ces jolies fleurs étaient trop tentantes, dans un esprit dolce-vita-film-en-noir-et-blanc-de-toute-façon…

Burdastyle sweetheart neckline floral black & white dress by Carlotta StermariaDe toute cette série de robes, c’est la plus facile à porter. Comme elle était trop flottante à mon goût, je l’ai smockée au fil élastique : elle est désormais parfaitement ajustée et j’envisage encore de lui faire une dizaine de petites soeurs, au cas où les précédentes ne m’auraient pas encore tout à fait suffi, car je n’imagine pas de meilleure tenue d’été. La suite à la prochaine belle saison!

Burdastyle sweetheart neckline floral black & white dress by Carlotta StermariaPhotos de Noctvrna. Le modèle tient à vous préciser que son vaccin contre le tétanos est à jour _ elle espère que le vôtre l’est aussi _ et qu’elle ne prend donc pas trop de riques à poser dans les rosiers!

Burdastyle sweetheart neckline floral black & white dress by Carlotta StermariaYes, after the pink dress and the red one, there was a third one… I’m not sure I have much to tell about this last one without repeating myself terribly. Let’s just add that I seldom wear any black and white clothes : because they’re so contrasting, I often find they have too much “charisma” to really show me to my advantage : is it the girl wearing the dress, or the dress wearing the girl (a surprising question, really, from a girl whose close rather looks like a Pantone color chart)? But these lovely flowers were too tempting, in a dolce-vita-this-movie-is-in-black-and-white-anyhow kind of way…

Burdastyle sweetheart neckline floral black & white dress by Carlotta StermariaAmongst all the dresses of this serie, this is the easiest to wear. Since it was a bit too roomy, I smocked it with elastic thread, and now the bodice is perfectyl fitted and I could easily make myself a dozen more of them, because I cannot see a more perfect summer dress. See you next summer!

Burdastyle sweetheart neckline floral black & white dress by Carlotta StermariaPictures by Noctvrna. The model would like to tell you her tetanus vaccine is up to date _ she hopes yours is, too _ and that she therefore didn’t take too many risks by posing in rose bushes! 

Jolies fifties

galliera-annes-50-affiche

Ces derniers temps, j’étais un peu fâchée avec le musée _ pardon, le palais _ Galliera. Les expos Paris Haute Couture et Alaïa étaient certes très belles, mais m’avaient semblé manquer de fil directeur et, surtout, leurs cartons boursouflés de lyrisme au mépris de la pédagogie m’avaient quelque peu exaspérée. Et que dire de Papier glacé : de belles photos, mais surtout une gigantesque pub pour Condé-Nast? Tout cela m’avait fait franchement douter d’un musée et d’un homme (Olivier Saillard) qui m’ont pourtant donné certaines de mes expositions favorites à ce jour. Par chance, je suis allée visiter Les années cinquante il y a quelques semaines, et depuis, ça va mieux.

C’est certain, ce renouveau de la mode française, mené par Dior, mais aussi par des noms moins connus (Fath, Dessès, Patou, Paquin, Carven, et ma préférée : l’intemporelle Grès) a vraiment produit des merveilles de sophistication : des robes, des tailleurs qui sont, littéralement, des pièces de musée. Ça va mieux en le disant : cette ère où l’on distingue la robe de cocktail de la robe du soir, le tailleur du matin de la robe d’après-midi et où les gaines et corsetteries compliquées sont de rigueur, où les unes de Elle vendent aux femmes les débuts de la société de consommation n’est pas la plus féministe qui soit.

Rene-gurau-manteau-dior-1955

Comme tout le monde, j’aime les belles choses, mais j’avoue qu’alléchée par l’article de Suzy Menkès (et refroidie par l’architecture du célèbre tailleur Bar), j’étais surtout attirée par une autre partie de l’exposition : la partie plus “relax”, qui, après les tailleurs et les manteaux assez sophistiqués (et ravissants), faisait la part belle aux robes de plage et à une mode plus junior, annonciatrice du sportswear et de ce tournant si doux des années cinquante aux années soixante qui est un de mes moments préférés dans la mode (une obsession notamment évoquée ici, et )… Je n’ai pas été déçue : une adorable robe de plage peinte (Hermès) et un ensemble de plage vert remarquablement sophistiqué, sans sacrifier à la détente (Grès) valaient à eux tout seuls le déplacement.

C’est juste à côté que se trouvait pour moi le clou de l’expo : les patrons du Petit écho de la mode. Merci, cher palais Galliera d’avoir recueilli dans vos murs les humbles patrons de couture adressés à la classe moyenne. Vos robes pour milliardaires sont bien belles, mais pour qu’un style marque son époque, encore faut-il qu’il prenne véritablement vie… et avant l’adoption du prêt-à-porter, cela passait par la couture (en plus, ce serait une excellente idée de produits dérivés, non?).

L’exposition Les années cinquante, que je vous recommande donc chaudement, court encore jusqu’au 2 novembre au Palais Galliera. Snon, il y a des photos très volées sur mon Instagram (et j’imagine qu’on peut remonter le fil du musée).

rene-gruau-tailleur-bar

I’ve been quite angry at Galliera Museum (sorry, Palace) lately. Its last exhibitions, Paris Haute Couture and Alaïa, albeit beautiful, were also rather badly explained. And the very last one, Papier glacé was just plain advertising for Condé Nast (nice to look at, but I’d rather not pay for that). I felt really disappointed by the museum and it director, Olivier Saillard, who had given me some of my very favorite fashion exhibitions. Luckily, I went back to the palace to have a look at the latest exhibition, Les années cinquante (the fifties), and I feel much better now. 

Well, that’s a fact: the French fashion renewal, with Dior as its leader, and Fath, Dessès, Paquin, Patou, Carven and (my personal favorite) Grès as his brilliant clique, really produced wonders of sophistication: dresses, suits and coats that, truly, are museum pieces. What’s also a fact : this era when cocktail dresses were not to be confused with evening dresses, nor morning suits with afternoon dresses, when complicated contruction garments were considered mandatory, when Elle magazine was selling the premices of mass consumption, was not exactly what I’d consider woman-friendly.

Rene-Gruau-manteau-rouge-1950

But like anybody, I enjoy beautiful things : intrigued by Suzy Menkes’ piece (and, frankly, a bit cooled by the architectural padding of Dior’s bar suit), I came mostly to see the more relaxed part of the exhibition : after the beautiful suits and coats came the beach dresses and junior ensembles, like a preview of the sportswear and ready-to-wear looks that would bloom in the next decade, and, most particularly, of this stylish period, at the junction between the fifties and the sixties that I have a soft spot for (more about this obsession here, here and there). I was not disappointed : I especially liked a lovely painted summer dress (Hermès) and a intricate but oh-so relaxed beach dress by Grès. 

But to me, the best of the exhibition was not pinned on a dress form but humbly hanging on the walls : sewing patterns from Le petit écho de la mode! Thank you, dear Galliera palace, for taking those humble sewing patterns, merely addressed to middle classes, within your walls. Your million-dollar dresses are beautiful indeed, but to truly mark its time, a style must live… and before ready-to-wear was adopted en masse, this meant home sewing (by the way, they’d make killer merchandising, wouldn’t they?). 

Were you lucky enough to be in Paris, Les années cinquante runs till November 2nd. Otherwise, sneaky pics can be found on my Instagram and through the museums’s location.

Dernières heures d’été

Black Burdastyle maxi dress by Carlotta Stermaria

Je suis un peu en retard sur mon calendrier, mais finalement, l’été aussi a été retardé, non? Et puis, techniquement, nous y sommes encore pour pour quelques heures… Ensuite, il sera temps de remiser cette robe, qui est l’une de mes favorites pour les beaux jours. Mon tableau d’inspirations pour le printemps et l’été est truffé de robes du même tonneau : rafraîchissantes (l’été, il est parfois plus agréable de se couvrir que de tout exposer) et “allongeantes” (portées seules ou avec une veste courte, elles prêtent à croire que vos jambes n’ont pas de fin), je ne connais pas de fille qui ne les aime pas _ en revanche, je les crois moins populaires auprès des garçons, pour une sombre histoire de “style de femme enceinte”.

Black Burdastyle maxi dress by Carlotta Stermaria

Pourtant, jusqu’à ce que je me fabrique celle-ci, je n’en avais jamais possédé. J’ai dû en essayer un certain nombre, mais aucune ne me satisfaisait : ce genre de robe est souvent plus joli et prend mieux le vent avec un peu de volume, ce qui demande tout de même pas mal de tissu. Or souvent, pour éviter une facture trop lourde _car le tissu est ce qui coûte le plus cher_ les patrons du prêt-à-porter ne sont pas tellement évasés : la plupart des robes longues sont plutôt en forme de colonne. Avec cette robe-ci, au contraire, une pause impromptue sur une grille d’aération a tôt fait de me transformer en montgolfière (avec Noctvrna, nous n’en avons pas trouvé de grille lorsque nous avons pris les photos _ croyez bien que nous en sommes désolées), ce qui est plus flatteur qu’on pourrait le croire…

Black Burdastyle maxi dress by Carlotta StermariaJe n’ai pas l’habitude de porter ce type de longueur, et de nos jours, une grande robe longue a incontestablement un côté princesse : il faut regarder là où on met les pieds, et la tenir des deux mains lors des descentes et des montées d’escaliers (rigolo la première fois, un peu moins lors de l’ascension d’un certain nombre de tours aux marches usées dans Florence) _ quand je la mets, j’ai toujours l’impression que je prends beaucoup plus de place que d’habitude!

Black Burdastyle maxi dress by Carlotta Stermaria

Je l’ai fabriquée l’an dernier, et elle commence malheureusement déjà à s’user un peu : le noir devient un peu gris, et malgré mes nombreuses précautions et réparations, quelques-uns de ses points ont commencé à sauter. Pas grave : je lui ferai une petite soeur encore plus grande plus fraîche, plus volumineuse _ car désormais, pour moi, l’été ne s’envisage plus sans robe longue.

Black Burdastyle maxi dress by Carlotta Stermaria

Woops! I’m late to share this summer dress _ yet summer is late too, so maybe that makes us even. But it’s still summer here till tomorrow! Then this dress will enjoy some vacation time in my cabinets, sadly, because it’s one of my favorites for summer. I pinned a lot of dresses of this kind in my summer-spring inspiration board, because they’re so fresh (it’s sometimes better to cover up than to show a lot of skin in the heat) and elongate the figure quite nicely. Most girls I know are into it, the boys… not so much (I think I heard the words “pregnancy style” a few times. 

Black Burdastyle maxi dress by Carlotta Stermaria

Yet, I never had any dress of this style until I made this one : I certainly tried on a lot of them, but ready-to-wear designs tend to save on fabric, and usually long dresses look a bit more like columns than like hot air balloons, and I personnally wanted my long dresses to have plenty of volume. 

Black Burdastyle maxi dress by Carlotta Stermaria

I’m not used to this type of length, and nowadays, wearing a dress this long feels definitely princess-y! I have to watch my steps, and to hold the skirt with two hands when getting up and down the stairs : that’s funny at first, but beware if you’re visiting high, slippery towers in Florence. I always feel like I occupy a lot more space than usual when wearing this dress!

Black Burdastyle maxi dress by Carlotta Stermaria

I made it last year and, sadly, it’s beginning to age a little : the black is getting grey-ish, and despite my care and occasional mending, some stitches are gone… No problem though : I’m more than ready to make a replacement : I now know long dresses are a summer staple indeed…

Pictures by Noctvrna!