Variations sur le même t’aime – 2

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Je crois l’avoir déjà dit ici, je suis plutôt routinière : relire un livre, revoir un film, recoudre le même patron de couture ne me dérange nullement ; au contraire : passé le moment de la découverte, j’apprécie d’autant plus détails, figures de style, structure du récit (comme Juliette, je suis d’ailleurs en train de relire l’intégrale des péripéties de l’ami Harry : régressif et délicieux)… De façon plus pragmatique, dans le cas de la couture, la répétition me permet d’expérimenter et de progresser _ je ne me trouve pas très bonne couturière. Par un hasard intéressant, c’est donc encore une version de la même robe au décolleté en coeur que j’ai arborée à un mariage, d’où le titre très Gainsbourg/Paradis de cette série.

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Fou comme un patron peut changer d’esprit selon sa réalisation : autant sa précédente incarnation me donne perpétuellement l’impression d’être overdressed (même à un mariage dans un château), autant pour sa petite soeur, bien plus simple, j’ai craint d’être un peu trop relax (ça n’était pourtant pas le cas). Si cette version n’était, pour une raison absolument inexpliquée, bien plus étroite du buste que mes autres déclinaisons, je la porterais beaucoup plus souvent…

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Elle combine en effet tous les détails nécessaires pour devenir cette petite robe que l’on reporte d’été en été (elle s’intégrerait d’ailleurs très bien dans cette valise, qui commence pourtant à dater), et dont on ne veut jamais se départir : j’ai déjà évoqué la taille ajustée et le décolleté en coeur (mon préféré), fini d’un biais Liberty que je suis seule à voir, mais j’aime aussi sa couleur rouge et son délicat imprimé, dont je n’ai toujours pas décidé de s’il s’agissait de petits coeurs ou de pétales.

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Enfin, peut-on s’arrêter sur le détail qui finit tout : son ourlet brodé? Chaque personne à qui j’ai fièrement claironné : “C’est moi qui ai fait ma robe!” s’est exclamé “c’est toi qui as fait ÇA?” en le montrant du doigt. Ennuyeux pour mon ego (“Non, je n’ai fait que la coudre _ Oui le tissu était déjà tout fait”), mais certainement flatteur pour ma petite robe d’été.

Photos de Madhya – les couleurs primaires du Centre Pompidou s’accordaient exceptionnellement bien à ma robe ce jour-là…

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I already said so : I’m a creature of habits : re-reading a book, re-watching a movie, re-making a sewing pattern don’t annoy me at all ; quite the contrary : once the first time has passed, I appreciate even more any detail, style effect, or simply the narration. More practically, when it comes to patterns, re-making is often the opportunity to experiment and to get better _ I’m not that good a seamstress. As it happens, I made another version of this sweetheart dress for another wedding : how appropriate _ it also explains my French title for this post, a pun I would have a hard time translating.

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It’s amazing how a pattern can change according to how you make it : the former version made me feel very overdressed (even in a French Normandy castle wedding), yet its (her?) little sister made me fear I’d look to casual for this more relaxed other wedding (I eventually didn’t). If, for a very obscure reason, this dress wasn’t a little too tight around the bust, I’d wear it much more often in my daily life…

imageFor this dress combines all the necessary, cute details to become this little summer dress you keep wearing year after years (it would fit this sumer capsule so well, by the way) : its fitted waist and sweetheart neckline (lined with Liberty of London bias tape I’m the only one to see), of course, but also its stunning red color, softened by the delicate print _ I’m still debating wether the pattern is made of hearts or petals.

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Finally, can we talk about the detail that really screams “cutest dress” : that gorgeous, scalloped embroidered hem? Whenever I proudly claimed “I made my dress you know!”, people pointed at it, wondering “Did you do THAT?”. Quite annoying for my ego (“no, I merely assembled the dress _ Yes, the fabric was already like this when I bought it”), yet, certainly flattering for my little dress.

Pictures by Madhya - The primary colors of Centre Pompidou matched my dress exceptionally well!

Morceaux choisis – 2

Rene Gruau Relax

Cela a dû se voir un peu : ce blog est parti en vacances. Avant quelques billets que j’espère plus substantiels, voici un petit florilège estival :

  • C’était la première fois que je fréquentais une station balnéaire aussi longtemps _ enfant, j’ai plutôt passé mes étés en montagne. Est-ce pour cette raison que je suis si absolument incompétente en plantage de parasol? Comment se fait-il que personne n’ait popularisé un moyen efficace de les planter _ et de les lester au sol? J’ai toujours l’impression que le nôtre va harponner quelqu’un.
  • J’ai découvert le bodyboard (l’activité pour enfants, oui oui)… je ris encore comme une balein à ce souvenir. A ce rythme, peut-être m’essaierai-je au surf dans quelques décennies.
  • Cet été est à marquer d’une pierre blanche : pour la première fois (encore), j’ai presque fini un tube de crème solaire.
  • La vie estivale m’a permis d’observer de près la vogue des T-shirts à message et son lot d’absurdités : “Love makes me high” (une fillette de 12 ans environ, qui n’a sans doute connu ni l’un ni l’autre), “célibataire” (à 11 ans, j’espère), “your tent or mine?” sur une image de festival (13 ans, 14 ans maximum, accompagnée par sa maman). Le prix du conversation starter va à “hipsters are not super heroes”, dont je ne sais toujours pas quoi penser.
  • Sinon, cela va sans dire, mais Florence et tout ce qu’il y a dedans, c’est très beau. Entre la Touraine et la Toscane, je commence à développer un penchant pour les Médicis.
  • J’ai passé de bien belles vacances, mais je suis un peu chagrine d’avoir manqué à ces deux fondamentaux d’un été réussi : dévorer une barbapapa, et me baigner toute nue à l’abri des regards indiscrets. Pour le premier, les gelati florentines ont plutôt compensé, pour le second, cette super photo de Sofia Coppola m’aidera peut-être à patienter jusqu’à l’été prochain…
  • Pour rester sur le chapitre des dynasties cool, ces photos des McCartney, gorgées d’insouciance et de spontanéité, m’ont énormément plu. Je trouve qu’elles respirent les vacances.

Rene-Gruau-Jantzen

Well, this blog has taken a few vacations. I hope to share more substantial posts soon, but here are a few almost-random thoughts :

  • This summer I stayed more than a week on the seaside, for the first time _ I rather vacationed in the Alps as a child. Is it the reason why I’m so helpless at planting my parasol in the sand? I always feel like it’s going to fly and plant itself in someone. Why isn’t there a common prudent, convenient solution?
  • I discovered body board (the kid stuff, yes), and am still laughing at the memory of it. Maybe I’ll try my hand at surfing in a few decades.
  • For the first time EVER, I managed to finish a sunscreen tube.
  • Seaside is an excellent place to observe the popular trend of T-shirts with inscriptions on it. Since most French people are not that fluent in English, some are quite funny : “Love makes me high”, “single” on tween chests (bet you they’re rather inexperienced at these matters), “your tent or mine?” with a festival image, worn by a girl in her early teens, accompanied by her mom. Conversation starter award goes to “Hipsters are not superheroes” _ I’m still wondering about this one.
  • It goes without saying, but Firenze is beautiful. Between the Loire valley and Tuscany, I might have developped a penchant for the Medici family. 
  • Vacations were great, yet I’m a little sad I didn’t get to achieve two of my holiday fundamentals : eating a large cotton candy, and skinny dipping somewhere no one can see me. While Italian gelati compensated the lack of cotton candy, this great picture of Sofia Coppola may help me to wait till next year.
  • Speaking of cool dynasties : I love these pictures of the McCartneys : they’re so carefree and spontaneous, they ooze vacation time.

Variations sur le même t’aime – 1

Robe cœur froufrous - Carlotta StermariaCe n’est pas tout de raconter comment j’assortis mon amoureux à ma “robe qui tourne”; encore fallait-il la montrer, cette fameuse robe… Dont acte.

Robe cœur froufrous - Carlotta StermariaCette robe a une histoire difficile : je l’ai entamée en 2011 (on peut d’ailleurs en voir l’esquisse dans mes inspirations de l’époque). En fin voile de coton doublé d’un pongé de soie rose pâle, elle a été mise au rebut près de trois ans pour cause de fermeture éclair compliquée à poser. Et puis, pour être honnête, quand aurais-je eu l’usage d’une robe extra-bouffante, décolletée et un rien trop courte?

Robe cœur froufrous - Carlotta StermariaTout a changé à l’annonçe d’un certain mariage : après avoir découpé trois patrons et une  robe de soie, je n’étais toujours pas convaincue par mes choix… Le temps pressant, j’ai exhumé la belle endormie. Une fermeture éclair et six mètres de volants plus tard, j’étais habillée.

M0002585_cJe ne crois pas avoir jamais porté de robe plus girly : le rose, les fleurs, le décolleté en cœur, son mouvement, ses volants… Ajoutez à cela mes escarpins vernis, mes fleurs dans les cheveux et le nœud pap´ de mon cavalier et on frôle le too much, à moins qu’on ne soit carrément en plein dedans. M’en fiche : j’ai passé dedans une excellente journée, et ayant porté au moins une fois dans ma vie cette excentricité à froufrous, n’ai pas le moindre regret. C’est le principal, n’est-ce pas?

les photos sont de Madhya.

Robe cœur froufrous - Carlotta StermariaIt´s one thing to say you matched your date’s bow tie to your dress, but then it´s time to show said dress to the world wide web.

Robe cœur froufrous - Carlotta StermariaThis dress has a long, hard story. I begun to make it in 2011 (you can see the sketch here), but left it in a bag for a long while : the zipper was very difficult to insert on the thin cotton voile, lined with pale pink punged silk. Plus, to be honest, I had no real need of a slightly too short puffy dress with a lot of decolletage.

Robe cœur froufrous - Carlotta StermariaThings changed with the announcement of a certain wedding. Having of course decided to make my own dress, cut three patterns and one dress, I still wasn’t happy with my choices… I pulled the sleeping beauty out of its bag, lengthened it with a 6 meters frilly flounce, and voilà.

Robe cœur froufrous - Carlotta StermariaI don’t think I ever wore anything as girly as this. The pink, the flowers, the heart-shaped neckline, the floating skirt, the flounces… Add my patent pumps, the flowers I wore in my hair and my beau’s matching bow tie and it may have been just a little bit too much. But hey : I spent an excellent day in this dress, having had at least one occasion to wear such a frilly eccentricity, and have therefore no regrets. Sounds pretty OK to me.

pictures by Madhya!