I’ll be your mirror

Rene-gruau-blizzand-2

Le week-end dernier, je me suis rendue à un mariage. Il a plu (le proverbe “mariage pluvieux, mariage heureux” est-il une sorte de lot de consolation?), on a bu, dansé et célébré. J’avais (évidemment) fabriqué ma robe-qui-tourne. Mais _détail qui vous indiquera que je suis tout de même un peu dérangée, je ne me suis pas contentée de ma seule tenue : j’ai aussi fabriqué à mon cavalier un noeud papillon assorti, coupé dans le même tissu que ma robe.

Certains l’ont remarqué tout de suite, d’autres non, la plupart ont attendu que je leur pointe fièrement cette excentricité, très commode (je pense déposer le concept pour le vendre en Corée), lorsque toutes vos nombreuses connaissances n’ont pas encore rencontré, ni identifié votre amoureux, et qui porte un nom : le mirror dressing (à moins qu’on ne soit dans un attachement un peu flippant, mais passons).

Même dans un contexte mode, le mirror dressing a mauvaise presse : Garance, pourtant moitié d’un couple star, mentionne ici en passant que hum, bof, et Libération en fait le symptôme d’un narcissisme affirmé (plus près de nous, les airs blasés des campagnes the Kooples n’aident pas non plus). Plus nuancée, Maïa Mazaurette remarque sagement que l’altérité/l’identité, dans un couple, est là où on veut… Ce n’est donc pas nécessairement parce que l’on s’habille pareil (ou assorti) que l’on aime dans l’autre un reflet de soi-même : ouf, je craignais un peu que l’on me jette l’opprobre.

Car il n’y a pas qu’aux mariages que je m’intéresse au dressing de mon amoureux ; c’est loin d’être systématique, mais j’aime bien (que cet aveu me coûte) que nos tenues aillent assez bien ensemble : en évitant les couleurs qui jurent, et en cherchant une relative équivalence de “niveau”_ il est désagréable de sortir en jolie robe et talons au bras de qui arbore un jean pourri, tout autant d’afficher un look d’étudiante pour un rendez-vous galant avec quelqu’un qui porte un costume.

J’ajouterais qu’il y a dans mon cas une autre explication : la Demy girl que je suis est folle des raccords de couleur instillés par le couple Evein/Moreau (respectivement décorateur et costumière attitrés de Jacques Demy). Dans mon film-talisman, lorsque deux personnages sont amoureux, sympathie ou contagion, ils échangent spontanément leurs couleurs. Est-il, au cinéma, plus jolie, plus fine façon de nous suggérer ce qui se passe dans leurs coeurs? Au cinéma comme dans la vie, la couleur me semble toujours sous-exploitée. J’aime pourtant lui rendre hommage, autant qu’à mon amoureux. Il faut dire : arborer toute la journée, pour l’amour de moi, un noeud papillon à petites fleurs roses… est assez chevaleresque.

rene-gruau-blizzand

Last week-end, I went to a wedding. It rained (it’s considered lucky in France, but I think it’s mostly to compensate for the lack of sun at your wedding), we drunk, danced and celebrated. I had (of course) made my own dress for the occasion. There’s more : I might be slightly deranged, but I also made a bow tie for my date, out of the same fabric as my dress. 

Some noticed it immediately, some didn’t, and to most, I just proudly pointed this little eccentricity of mine, which is highly practical when, at a large family party, not everybody knows or recognizes your boyfriend yet (I think I have a concept to sell, here). I hear it’s called mirror dressing (not over-attachment, please) and apparently, it’s hugely popular in South Korea

However, even in a fashion context, mirror dressing has a bad reputation : despite being half a power couple, Garance briefly mentions here that well… bof, and french newspaper Libération thinks it’s the sign of a terrible narcissism (in France, we also have the irritating blasé attitudeof “the Kooples” ads to serve this purpose). Maïa Mazaurette wisely differs : phew, I felt in danger of my relationship being called a mere mirror.

Because it doesn’t take a wedding for my boyfriend’s dressing to be a concern of mine : it’s far from being a habit, but I rather like our outfits to sort-of-work-well together, by avoiding colors that clash, or looking for an equal level of casualness : it’s very disagreable to go out in a pretty dress and heels with someone wearing so-so jeans and sneakers, and just as disagreable to dress as a college student for a date with someone who wears a suit and necktie.

In my case, there’s another explanation : as a Jacques Demy fangirl, I’m crazy of the matching details scattered in his movies. In my favorite film, when to characters are in love, they spontaneaously take each other’s color. Is there any subtler, finer way to suggest what is happening in their hearts? In movies just as in life, I tend to think color is under-used. I like to pay it some tribute, just as I’d like to pay tribute to my boyfriend : after all, wearing a pink-flowered bow tie all day just to please me is quite chivalrous. 

Pink & plaid – 2

M0001733_c

Le monde est rempli de jupes variées : jupes droites, trapèze, crayon, maxi, plissées, tulipes, à volants, asymétriques… J’ai beau en avoir essayé beaucoup, je reviens toujours aux jupes dites corolles, qui étreignent la taille avant de s’évaser.

Il y a plusieurs raisons à cela : ce type de vêtement est souvent flatteur pour la silhouette _ ce qui n’est déjà pas si évident à trouver en prêt à porter_ et, surtout, terriblement facile à vivre : contrairement aux jupes crayon, je n’ai jamais à m’inquiéter de cette apparente infâmie qu’est la marque de culotte apparente (n’est-ce pourtant pas mieux que de ne pas porter de culotte du tout?)… On passe un T-shirt près du corps, on plonge dans le volume de la jupe et zip! On est un peu la version années 2010 de Brigitte Bardot (toutes proportions gardées, bien sûr), pour la journée.

M0001705_c

La catégorie “jupe corolle” se divise encore en de nombreuses variétés : à panneaux, parapluie, circulaire… mais ma favorite est le dirndl : offrant moins de prise au vent à vélo (et donc d’”effet Marilyn”) que la jupe circulaire, elle est presque aussi facile à faire qu’à porter, avec une recette toute simple : on prend son tour de taille, deux mètres de tissu et hop! on fronce… J’adore.

Il n’y a pas grand-chose de plus à dire sur cette jupe, à cela près qu’elle est faite du même tissu que la chemise du post précédent. Malheureusement, question de proportions ou de présence du motif, les deux ne vont vraiment pas très bien ensemble (on a quand même pris une photo avec Madhya, histoire de rire un peu)… Elle m’a presque autant servi que la chemise pendant ce mois de mai, malgré son côté, à elle aussi, indéniablement Barbie. Ce sont parfois les recettes les plus simples qui marchent le mieux.

M0001736_c

M0001730_c_1

The world is filled with different skirts : straight skirts, pencil skirts, A-line skirts, pleated skirts, pleated skirts, tiered skirts, maxi skirts, asymetric skirts… I tried many of them, but I always come back to flared skirts (in French, we call them corolle skirts, for the flowers) that fit at the waist.

There are many reasons to this : this type of garment is very flattering for the silhouette _ not so common in ready-to-wear _ as so easy to wear : unlike with pencil skirts, you don’t have to care about visible panty line (which, for the record, I still think is way better than no panty at all)… You just throw on a tight-fitting T-shirt, plunge in the skirt, zip it up and voilà, you’re the 2014 version of 1959 Brigitte Bardot (not that I would dare to compare myself with legendary BB, for real) for the day.

M0001710_c

Amongst flared skirts, there are many varieties as well : pannelled skirts, umbrella skirts, circle skirts… but my favorite is the dirndl skirt : not only is it less susceptible to give you the “Marilyn effect” on a bicycle than circle skirts, it is also as easy to make as it is to wear ; your waist measurement, two meters of fabric, and you’re done. I love it.

There isn’t much more to say about this skirt, except it’s obviously done in the same fabric as my shirt. Unfortunately, because of the proportions or the bold pattern, the two don’t go so well together (Madhya took one picture, so we could all have a good laugh)… Despite an undeniable Barbie side, I used it almost as much as the shirt last may. Sometimes, the simplest recipes work best.

M0001716_c

Pink & plaid – 1

    M0001755_c

Je ne porte jamais, jamais de chemise. J’en ai déjà possédé, bien sûr, mais elles n’ont jamais vraiment passé le test du quotidien. Les raisons sont principalement morphologiques : aucun corps ne correspond parfaitement à ceux des mannequins cabine, et le mien ne fait pas exception : les chemises du prêt-à-porter tombent sur mes épaules et s’ouvrent généralement un peu trop au niveau de mon buste pour mon goût, tout en flottant un peu derrière (car j’ai le dos creux)…

A la plus haute marche du podium du Me-made-may, il y a pourtant cette petite chose. Cette grande gagnante, confortable et bien ajustée, a été utilisée bien des fois. Comme mon manteau et mes deux robes, elle marque un grand progrès technique : officiellement, c’est une blouse, mais c’est mon premier vêtement “en forme de chemise”, avec col, pied de col, coutures anglaises, surpiqûres, poignets, et ces affreux petit rectangles qui en recouvrent les fentes (comment les appelle-t-on?).

M0001701_c_1

Je ne voudrais pas paraître trop contente de moi non plus : même si je suis très fière de mes carreaux bien alignés et de mon pied de col, mes surpiqûres ne sont pas toutes parfaitement alignées, mes boutons pas très assortis et comme le patron proposait des manches trois-quart et que je voulais des manches longues, je me suis contentée de rallonger celles ci ; autant vous dire que ce n’était pas une bonne idée : elles sont non seulement trop longues, mais bouffantes! C’est la raison pour laquelle je les porte généralement retroussées comme sur ces photos.

Comme je n’étais pas très sûre de mon coup, j’ai utilisé un tissu à carreaux auquel je ne tenais pas trop : j’aimais sa texture et sa légèreté (c’est une sorte de voile), mais je n’étais pas sûre que des couleur/motifs aussi vifs seraient très flatteurs près de mon visage (d’ailleurs, je ne le suis toujours pas). Mais maintenant, j’avoue que je m’en fiche : quoiqu’il en soit, j’adore cette chemise : son rose vif me met toujours de très bonne humeur, et le fort contraste des carreaux attire le regard vers mon visage. J’aime aussi son côté faussement geek, Barbie bûcheron (ou plus justement, hipster?), très différent de ce que j’ai l’habitude de porter. Et surtout, c’est la première chemise qui me va et passe avec les honneurs l’épreuve du Me-made-may… que demander de plus?

Photos (& idées sur le terrain de jeu photo qu’est La Défense) : Madhya

M0001761_c

I never, ever wear any shirt. I’ve owned some of course, but I never got to wear them daily. It’s mostly due to my morphology : no body will ever fit ready-to-wear standards perfectly, and mine is no exception. Every shirt I’ve ever tried was too large in the back and at the shoulders and had a slight gap at the bust : not really up to my taste.

Yet, at the top of Me-made-may podium, there was this little thing! This winner, both very comfy and rather nicely fitting, has been used several times. Like my coat and my two shirtdresses, it’s a technical milestone for me : although it’s officially a blouse, it’s my first “shirt-like” garment, with a collar, collar stand, cuffs, French seams and such.

M0001758_c

I don’t want to sound like I’m too happy about it, however : I’m super proud of my plaid matching and my collar stand, of course, but my topstitching could be better, my buttons don’t all match together, and since the pattern only offered three quarter length sleeves and I wanted long ones, I decided to lenghten them. Well, that was a bad idea : they’re not only too long, they’re puffy! That’s the reason why I usually roll up the sleeves like I did on the pictures. 

Since I wasn’t too sure about my skills, I used a fabric I wouldn’t mind missing too much : I liked its texture and light weight (it’s a kind of veil), but I feared such a bright color/strong pattern wouldn’t be too flattering against my face (still not sure about that). But now I don’t care anymore and love this shirt no matter what : its bright pink always gets me in a good mood, and the bold pattern drives attention to my face. I also like its faux geek, lumberjack/hipster Barbie side, very different from what I’m used to wear. Plus, you know : it’s the first shirt that actually fits me and that passed the test of me-made-may. Who could ask for anything more?

Photographs by Madhya