Morceaux choisis – 2

Rene Gruau Relax

Cela a dû se voir un peu : ce blog est parti en vacances. Avant quelques billets que j’espère plus substantiels, voici un petit florilège estival :

  • C’était la première fois que je fréquentais une station balnéaire aussi longtemps _ enfant, j’ai plutôt passé mes étés en montagne. Est-ce pour cette raison que je suis si absolument incompétente en plantage de parasol? Comment se fait-il que personne n’ait popularisé un moyen efficace de les planter _ et de les lester au sol? J’ai toujours l’impression que le nôtre va harponner quelqu’un.
  • J’ai découvert le bodyboard (l’activité pour enfants, oui oui)… je ris encore comme une balein à ce souvenir. A ce rythme, peut-être m’essaierai-je au surf dans quelques décennies.
  • Cet été est à marquer d’une pierre blanche : pour la première fois (encore), j’ai presque fini un tube de crème solaire.
  • La vie estivale m’a permis d’observer de près la vogue des T-shirts à message et son lot d’absurdités : “Love makes me high” (une fillette de 12 ans environ, qui n’a sans doute connu ni l’un ni l’autre), “célibataire” (à 11 ans, j’espère), “your tent or mine?” sur une image de festival (13 ans, 14 ans maximum, accompagnée par sa maman). Le prix du conversation starter va à “hipsters are not super heroes”, dont je ne sais toujours pas quoi penser.
  • Sinon, cela va sans dire, mais Florence et tout ce qu’il y a dedans, c’est très beau. Entre la Touraine et la Toscane, je commence à développer un penchant pour les Médicis.
  • J’ai passé de bien belles vacances, mais je suis un peu chagrine d’avoir manqué à ces deux fondamentaux d’un été réussi : dévorer une barbapapa, et me baigner toute nue à l’abri des regards indiscrets. Pour le premier, les gelati florentines ont plutôt compensé, pour le second, cette super photo de Sofia Coppola m’aidera peut-être à patienter jusqu’à l’été prochain…
  • Pour rester sur le chapitre des dynasties cool, ces photos des McCartney, gorgées d’insouciance et de spontanéité, m’ont énormément plu. Je trouve qu’elles respirent les vacances.

Rene-Gruau-Jantzen

Well, this blog has taken a few vacations. I hope to share more substantial posts soon, but here are a few almost-random thoughts :

  • This summer I stayed more than a week on the seaside, for the first time _ I rather vacationed in the Alps as a child. Is it the reason why I’m so helpless at planting my parasol in the sand? I always feel like it’s going to fly and plant itself in someone. Why isn’t there a common prudent, convenient solution?
  • I discovered body board (the kid stuff, yes), and am still laughing at the memory of it. Maybe I’ll try my hand at surfing in a few decades.
  • For the first time EVER, I managed to finish a sunscreen tube.
  • Seaside is an excellent place to observe the popular trend of T-shirts with inscriptions on it. Since most French people are not that fluent in English, some are quite funny : “Love makes me high”, “single” on tween chests (bet you they’re rather inexperienced at these matters), “your tent or mine?” with a festival image, worn by a girl in her early teens, accompanied by her mom. Conversation starter award goes to “Hipsters are not superheroes” _ I’m still wondering about this one.
  • It goes without saying, but Firenze is beautiful. Between the Loire valley and Tuscany, I might have developped a penchant for the Medici family. 
  • Vacations were great, yet I’m a little sad I didn’t get to achieve two of my holiday fundamentals : eating a large cotton candy, and skinny dipping somewhere no one can see me. While Italian gelati compensated the lack of cotton candy, this great picture of Sofia Coppola may help me to wait till next year.
  • Speaking of cool dynasties : I love these pictures of the McCartneys : they’re so carefree and spontaneous, they ooze vacation time.

Variations sur le même t’aime – 1

Robe cœur froufrous - Carlotta StermariaCe n’est pas tout de raconter comment j’assortis mon amoureux à ma “robe qui tourne”; encore fallait-il la montrer, cette fameuse robe… Dont acte.

Robe cœur froufrous - Carlotta StermariaCette robe a une histoire difficile : je l’ai entamée en 2011 (on peut d’ailleurs en voir l’esquisse dans mes inspirations de l’époque). En fin voile de coton doublé d’un pongé de soie rose pâle, elle a été mise au rebut près de trois ans pour cause de fermeture éclair compliquée à poser. Et puis, pour être honnête, quand aurais-je eu l’usage d’une robe extra-bouffante, décolletée et un rien trop courte?

Robe cœur froufrous - Carlotta StermariaTout a changé à l’annonçe d’un certain mariage : après avoir découpé trois patrons et une  robe de soie, je n’étais toujours pas convaincue par mes choix… Le temps pressant, j’ai exhumé la belle endormie. Une fermeture éclair et six mètres de volants plus tard, j’étais habillée.

M0002585_cJe ne crois pas avoir jamais porté de robe plus girly : le rose, les fleurs, le décolleté en cœur, son mouvement, ses volants… Ajoutez à cela mes escarpins vernis, mes fleurs dans les cheveux et le nœud pap´ de mon cavalier et on frôle le too much, à moins qu’on ne soit carrément en plein dedans. M’en fiche : j’ai passé dedans une excellente journée, et ayant porté au moins une fois dans ma vie cette excentricité à froufrous, n’ai pas le moindre regret. C’est le principal, n’est-ce pas?

les photos sont de Madhya.

Robe cœur froufrous - Carlotta StermariaIt´s one thing to say you matched your date’s bow tie to your dress, but then it´s time to show said dress to the world wide web.

Robe cœur froufrous - Carlotta StermariaThis dress has a long, hard story. I begun to make it in 2011 (you can see the sketch here), but left it in a bag for a long while : the zipper was very difficult to insert on the thin cotton voile, lined with pale pink punged silk. Plus, to be honest, I had no real need of a slightly too short puffy dress with a lot of decolletage.

Robe cœur froufrous - Carlotta StermariaThings changed with the announcement of a certain wedding. Having of course decided to make my own dress, cut three patterns and one dress, I still wasn’t happy with my choices… I pulled the sleeping beauty out of its bag, lengthened it with a 6 meters frilly flounce, and voilà.

Robe cœur froufrous - Carlotta StermariaI don’t think I ever wore anything as girly as this. The pink, the flowers, the heart-shaped neckline, the floating skirt, the flounces… Add my patent pumps, the flowers I wore in my hair and my beau’s matching bow tie and it may have been just a little bit too much. But hey : I spent an excellent day in this dress, having had at least one occasion to wear such a frilly eccentricity, and have therefore no regrets. Sounds pretty OK to me.

pictures by Madhya!

I’ll be your mirror

Rene-gruau-blizzand-2

Le week-end dernier, je me suis rendue à un mariage. Il a plu (le proverbe “mariage pluvieux, mariage heureux” est-il une sorte de lot de consolation?), on a bu, dansé et célébré. J’avais (évidemment) fabriqué ma robe-qui-tourne. Mais _détail qui vous indiquera que je suis tout de même un peu dérangée, je ne me suis pas contentée de ma seule tenue : j’ai aussi fabriqué à mon cavalier un noeud papillon assorti, coupé dans le même tissu que ma robe.

Certains l’ont remarqué tout de suite, d’autres non, la plupart ont attendu que je leur pointe fièrement cette excentricité, très commode (je pense déposer le concept pour le vendre en Corée), lorsque toutes vos nombreuses connaissances n’ont pas encore rencontré, ni identifié votre amoureux, et qui porte un nom : le mirror dressing (à moins qu’on ne soit dans un attachement un peu flippant, mais passons).

Même dans un contexte mode, le mirror dressing a mauvaise presse : Garance, pourtant moitié d’un couple star, mentionne ici en passant que hum, bof, et Libération en fait le symptôme d’un narcissisme affirmé (plus près de nous, les airs blasés des campagnes the Kooples n’aident pas non plus). Plus nuancée, Maïa Mazaurette remarque sagement que l’altérité/l’identité, dans un couple, est là où on veut… Ce n’est donc pas nécessairement parce que l’on s’habille pareil (ou assorti) que l’on aime dans l’autre un reflet de soi-même : ouf, je craignais un peu que l’on me jette l’opprobre.

Car il n’y a pas qu’aux mariages que je m’intéresse au dressing de mon amoureux ; c’est loin d’être systématique, mais j’aime bien (que cet aveu me coûte) que nos tenues aillent assez bien ensemble : en évitant les couleurs qui jurent, et en cherchant une relative équivalence de “niveau”_ il est désagréable de sortir en jolie robe et talons au bras de qui arbore un jean pourri, tout autant d’afficher un look d’étudiante pour un rendez-vous galant avec quelqu’un qui porte un costume.

J’ajouterais qu’il y a dans mon cas une autre explication : la Demy girl que je suis est folle des raccords de couleur instillés par le couple Evein/Moreau (respectivement décorateur et costumière attitrés de Jacques Demy). Dans mon film-talisman, lorsque deux personnages sont amoureux, sympathie ou contagion, ils échangent spontanément leurs couleurs. Est-il, au cinéma, plus jolie, plus fine façon de nous suggérer ce qui se passe dans leurs coeurs? Au cinéma comme dans la vie, la couleur me semble toujours sous-exploitée. J’aime pourtant lui rendre hommage, autant qu’à mon amoureux. Il faut dire : arborer toute la journée, pour l’amour de moi, un noeud papillon à petites fleurs roses… est assez chevaleresque.

rene-gruau-blizzand

Last week-end, I went to a wedding. It rained (it’s considered lucky in France, but I think it’s mostly to compensate for the lack of sun at your wedding), we drunk, danced and celebrated. I had (of course) made my own dress for the occasion. There’s more : I might be slightly deranged, but I also made a bow tie for my date, out of the same fabric as my dress. 

Some noticed it immediately, some didn’t, and to most, I just proudly pointed this little eccentricity of mine, which is highly practical when, at a large family party, not everybody knows or recognizes your boyfriend yet (I think I have a concept to sell, here). I hear it’s called mirror dressing (not over-attachment, please) and apparently, it’s hugely popular in South Korea

However, even in a fashion context, mirror dressing has a bad reputation : despite being half a power couple, Garance briefly mentions here that well… bof, and french newspaper Libération thinks it’s the sign of a terrible narcissism (in France, we also have the irritating blasé attitudeof “the Kooples” ads to serve this purpose). Maïa Mazaurette wisely differs : phew, I felt in danger of my relationship being called a mere mirror.

Because it doesn’t take a wedding for my boyfriend’s dressing to be a concern of mine : it’s far from being a habit, but I rather like our outfits to sort-of-work-well together, by avoiding colors that clash, or looking for an equal level of casualness : it’s very disagreable to go out in a pretty dress and heels with someone wearing so-so jeans and sneakers, and just as disagreable to dress as a college student for a date with someone who wears a suit and necktie.

In my case, there’s another explanation : as a Jacques Demy fangirl, I’m crazy of the matching details scattered in his movies. In my favorite film, when to characters are in love, they spontaneaously take each other’s color. Is there any subtler, finer way to suggest what is happening in their hearts? In movies just as in life, I tend to think color is under-used. I like to pay it some tribute, just as I’d like to pay tribute to my boyfriend : after all, wearing a pink-flowered bow tie all day just to please me is quite chivalrous.